Archives pour la catégorie Ligue 1

De Louis II à Bernabeu, ou de la terre à la lune…

Il y a de ces injustices… Être sur le Rocher ou à Madrid ce dimanche, c’était comme être au festival de la video de Romorantin ou au Festival de Cannes. D’un côté, Monaco-Lille en Ligue 1, de l’autre, Real-Barça en Liga…

Autrement dit des mouches qui volaient dans les tribunes de Louis II et deux cents décibels de volume en continu à Santiago-Bernabeu. Silence feutré versus fureur de concert de rock métallique. On a même vu l’arbitre du match français aller vertement engueuler les entraîneurs de chaque équipe parce qu’ils faisaient trop de bruit autour du terrain…

Pire encore, un écart en terme de spectacle du genre de celui entre un stand de tir à la Foire du Trône et la scène des hélicoptères dans Apocalypse Now. Un match à deux occasions, deux buts et cinq mille ronfleurs avachis, contre une rencontre à cent situations dangereuses, sept buts et quatre-vingt mille socios en chaleur. Des étoiles pâlichonnes au cheveu terne chez le Prince Albert et des stars musclées et gominées chez le roi Juan Carlos.

Et côté télé, Canal + qui retransmet le premier et BeInsport le second. Une sorte de (re)transmission de pouvoirs… Pour se payer des châteaux en Espagne…

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Pour 25 millions, le changement de siège à Monaco c’est pas pour maintenant…

On le savait quasiment depuis le péché originel. Tout s’achète et tout se vend. Certains le font au diable et ça ne gène pas grand monde.

Bref, plus de morale dans ce bas et triste monde où d’ailleurs il n’y en a jamais eu, excepté peut-être le jour où Mats Wilander a un jour de juin 1982 rendu une balle de match à José-Luis Clerc sur le Central de Roland-Garros.

Alors, que le club de Monaco achète sa tranquillité fiscale à l’encontre de toute éthique ne constitue pas véritablement un événement. Et même, ces vingt-cinq millions d’euros annuels payés à la Ligue française de foot pour ne pas respecter la loi seraient plutôt un non-événement…

L’AS Monaco va donc conserver l’antique adresse de son siège social. Juste à côté de la Société des Bains de mer et du Casino de Monte-Carlo, là où depuis la nuit des temps les inspecteurs des impôts français repartent recouverts de goudron et de plumes.

C’est un peu dommage tout de même que l’idée de justice sportive des présidents de clubs de l’hexagone, celle de faire de l’ASM une formation comme les autres et de régler ses taxes à l’Etat français, ne soit pas allée au bout. Et que l’Elysée et le Rocher se soient arrangés entre voisins aux intérêts communs.

Il faut dire que cet îlot de fiscalité zéro qui rentrerait dans le rang des états « normaux », comme le dirait notre président normal, et Monaco ne serait plus Monaco. C’est à dire un des derniers paradis fiscaux dont on avait cru comprendre qu’il étaient désormais la cible des vertueux Européens et plus que tout autre du pays des Pinay, Delors, et autres Montebourg…

Mais le changement, ça n’est pas pour maintenant.

Rêvons plus grand que Leonardo et le PSG !

Leonardo qu’avez-vous fait dimanche soir dans le couloir des vestiaires après le déjà triste spectacle de PSG-Valenciennes ? Vous avez sans doute commis l’un des actes les plus irréfléchis de votre carrière.

Comme un gamin l’aurait fait dans une cour d’école, vous avez fait parler votre épaule à la place de votre raison. Avoir bousculé l’arbitre à la sortie du match en le houspillant, fut-ce si légèrement et l’air de rien, cela a été en réalité un geste d’une violence rare.

On parle d’une suspension possible d’un an de votre fonction de directeur sportif du PSG, voire d’un retrait de points de votre club. Oui, l’affaire me paraît grave. Aussi grave, du moins aussi importante que ce que votre club a initié depuis votre arrivée à Paris. Pas moins qu’une révolution de notre football d’élite : un football réduit à la puissance financière.

Je ne juge pas, je ne juge plus, mais je constate. Votre slogan – celui du Qatar – « Rêvons plus grand », est aussi clair que furieusement ambitieux.

Seulement voilà, il faut à une ambition un rapport sensé à son environnement. On peut et doit rêver, on le fait d’ailleurs inconsciemment comme l’affirment depuis longtemps les scientifiques. On ne peut échapper aux réalités. Et la réalité, c’est la loi, le règlement, j’oserais dire l’exemple. Celui que vous n’avez pas donné.

Rêvons plus grand, Monsieur Leonardo. En tout cas, plus grand, beaucoup plus grand que votre tout petit geste.

Au PSG, plus on gagne et plus on perd ses nerfs

Les pauvres, ils ont besoin d’une psychothérapie ? Non, mais allo Freud quoi ? Je dis « les pauvres », je ne pèse pas vraiment mes mots… Mais je les plains un peu malgré tout. Parce que, et c’est incroyable, toutes les stars du PSG, oui toutes, ont pété au moins un câble, voire deux ou trois, ce dimanche soir de pluie à Evian où elles ont pourtant gagné (1-0) et pratiquement décroché le titre de champion tant attendu !

Pas une d’entre les vedettes parisiano-qatariennes n’a échappé à la crise de nerfs. Avec trois cartons rouges à la clé. Y compris le beau, respecté et respectable David Beckham, auteur d’un tacle pseudo manqué aussi débile que son expérience est -devrait être – énorme. Énorme oui, de légèreté et d’inconséquence. Et Monsieur Thual, l’homme en noir vêtu de jaune a vu rouge…

Mais s’il n’y avait eu au PSG que le mari de Posh à avoir déraillé en Haute-Savoie, peut-être aurait-on pu mettre ce geste au seul et exclusif compte de l’irritation de plus en plus patente d’une étoile qui ne sait plus trop si elle est devenue une icône sans but, un objet de culte mercantile, un père paumé ou un joueur en perdition…

Mais non, ils ont tous craqué les hommes de Carlo Ancelotti, l’entraîneur qui se demande lui-même ce qu’il fera l’an prochain, prendre une année supplémentaire les millions de gazo-dollars de Doha ou les valises à roulettes d’euros de Madrid. Zlatan avait entamé le bal des courroucés, en s’en prenant à tout adversaire à portée de ses bras d’albatros. Vous me direz, il en a tellement l’habitude et on le prend tellement au second ou au troisième degré que même les sheriffs à sifflet en ravalent leur roulette…

Beckham, Zlatan, Verratti, Lavezzi, Sirigu, Ancelotti, ils se mettent tous en transes !

Dans le sillage de fumée d’oreilles et de nez d’Ibra, c’était Lavezzi qui avait failli tout casser sur son passage à l’instant de sa sortie du terrain après une occasion en or manquée lui ayant valu sans doute cette sanction de son coach. Carlo était lui aussi sorti de ses gonds quand son petit compatriote et protégé Marco Verratti venait d’être expulsé, juste avant Beckham. Le jeune cheval transalpin s’était cabré comme un poney fou, absolument tout seul, sans le moindre coup de cravache. Le coup de folie. Si récurrent et sur ce coup si aberrant que le « Mister » lui avait passé sous le pif de la caméra un savon mémorable.

Question naseaux fumants, on avait même vu Thiago Silva, le placide, s’en prendre à la suite d’une mésentente verbale, à son gardien de but, Sirigu. Eh bien, Salvatore, le calme et tranquille Salvatore, est allé se mêler à l’altercation générale de fin de match dont Blaise Matuidi avait allumé l’étincelle en chambrant le banc d’Evian. Peut-être en souvenir et par réaction épidermique de l’élimination du PSG dans le même lieu il y a dix jours… Et carton rouge pour Sirigu, le troisième du PSG en vingt minutes, donné (ou promis par les instances de la LFP) dans les vestiaires à l’issue d’une scène tragi-comique puisque le joueur a été convoqué sur le terrain cinq minutes après le coup de sifflet final et qu’il en a été empêché par un de ses dirigeants… Transes, napolitaines bien sûr…

Non, tout ce très beau monde, pourtant avec la couronne de champion quasiment sur sa tête et le ticket de participation à la Ligue des Champions en poche, avait le sang chaud, très chaud, bouillant. Le seul qui n’a pas eu un clignement d’œil de mauvaise humeur, c’était Jérémy Ménez, sanguin comme pas deux mais sûrement pas trop enclin à se faire remarquer par les autorités arbitrales après sa toute récente sortie de langage châtié… Sauvé des eaux !

Et justement, à Evian, et particulièrement là-bas comme chacun le sait, on n’en manque pas, d’eau. Allez, joueurs parisiens, une bonne douche, bien froide !

Aulas et le « krach » Gourcuff

Au temps du Veau d’Or du football, le krach Yoann Gourcuff serait passé en pertes et profits des faramineux transfuges de stars du ballon. Une de perdue et dix de retrouvées.

L’époque est révolue, oubliée, enterrée. La source d’énergie du moteur s’est tarie. On gratte les euros de partout, sauf à Doha sur Seine… Au bord du Rhône, c’est même la panique. Il y a dix ou vingt ans, Jean-Michel Aulas aurait vite refilé son « réclamer » à un autre propriétaire sans qu’on en fasse toute une histoire de tocard sur-côté.

Aujourd’hui, ça n’est plus pareil. Tout s’est compliqué, embué. Un contrat de transfert se règle sur autant de pages que celui d’une vente d’Airbus. Avec une cascade d’alinéas conditionnés au cours de l’euro et surtout au génie de l’avocat ou de l’agent du joueur. Celui du bellâtre lyonnais, Didier Poulmaire, allie les deux métiers et c’est évidemment encore plus ardu pour le malheureux président Aulas qui, au moins pour la seconde fois de sa longue carrière (après le Brésilien Fred payé 15 millions en 2005 et revendu pour des nèfles à Fluminense), s’est fait gruger lors de l’achat du phénomène en 2010 à Bordeaux. En long, en large et en travers.

Vous me direz, il ne le savait pas, le bon président Aulas, que le beau Yoann à vingt-cinq millions d’euros ne mettrait pas un pied devant l’autre durant trois longues saisons. C’est rare à ce point, c’est sans doute probablement du jamais vu. Pas un dribble ni même un but vu plus de cent fois sur youtube en mille jours. Le bide du siècle. Plus sanglant qu’Anelka, pas peu dire…

Mais le plus étonnant, c’est que ce même Aulas, jongleur invétéré quinze heures par jour depuis quatre décennies de sous-paragraphes de documents financiers de par son premier métier de patron de société multinationale (la CEGID), a joué plus imprudemment et légèrement qu’un amateur lors de la signature de Gourcuff. Autrement dit, en lui concédant une invraisemblable garantie de progression de salaire – 50% en quatre ans – comme ça, quasiment sur la belle gueule de l’intéressé…

Doublement incompréhensible alors que l’OL est coté en bourse depuis 2007 et que les comptes à rendre aux actionnaires en cas de malheur doivent au moins freiner les ardeurs ou faire réfléchir à l’instant de parapher un contrat de transfert.

Le transfert de Gourcuff, c’était le « tapis » de Jean-Michel Aulas…

L’explication se trouve sans doute dans la tête de l’homme qui voulait et veut encore faire de l’Olympique Lyonnais un modèle économique. Car Aulas a lui-même tout fait pour introduire son club en bourse afin de démultiplier sa surface financière à l’instar de clubs anglais. Autre bide… Encore plus retentissant, le prix d’OL Group ayant perdu plus de dix fois sa valeur d’introduction ! Il y a trois ans, Jean-Michel Aulas a évidemment joué un de ses derniers coups de poker. Un gros coup. Du genre « tapis », All In comme dit Adidas, l’équipementier de… Gourcuff.

A l’issue d’un « tapis », on n’a plus de carte en main ni surtout de jetons. Le jeton Gourcuff sur le marché ne vaut plus rien ou presque. C’est vraiment impitoyable une table de jeu.