Archives pour la catégorie Euro 2012

Pleure pas, Andrea !

C’est toujours poignant un type pareil qui pleure comme un gosse après une défaite. Surtout un joueur exemplaire. Andrea Pirlo est un gars formidable et un footballeur de première classe. Mondiale, fuoriclasse comme on dit à Milan.

Ne pleure pas, ne pleure plus Andrea. Ton Italie, hormis en finale bien sûr contre l’Espagne, nous a fait du bien à tous, y compris aux pauvres diables de Français que nous sommes. Comme toi, on peut donc toujours bien jouer au football la tête droite et le pied agile. Et perdre en chialant, allez, c’était quand même beau mais un peu triste, trop triste.

Ce n’est pas qu’on aurait spécialement préféré que ta Squadra gagne, parce que franchement la Roja était évidemment la meilleure équipe de cet Euro, la plus belle machine à jouer du continent de l’histoire et peut-être même meilleure encore que le grand Brésil de Pelé. Mais on aurait aimé que toi et tes coéquipiers puissent au moins rivaliser.

Andrea Pirlo, fils de Rivera, Platini, Socrates…

Andrea, toutes les sélections, tous les entraîneurs, tous les amoureux du jeu te voudraient aujourd’hui et maintenant au milieu de chaque terrain du monde. Pour le plaisir. Parce que les inspirateurs comme toi n’existent plus. Et que le seul fait que Rivera, Platini, Socrates ou Susic se soient enfin réincarnés dans tes pieds suffit à réveiller ce qui s’était endormi depuis des lustres avec les 4-5-1, les coaches abrutis et je ne sais quelles cultures technico-tactiques : le talent.

Alors, je te le dis, et rien que pour ça, souris mon ami.

Publicités

Mario Balotelli, Lukas Rosol, les fous du stade…

La soirée ne promettait pas d’être tranquille, mais presque. L’Allemagne toute puissante de Meszut Özil et d’Angela Merkel allait enfoncer en demi-finale de cet Euro 2012 la « pauvre » Italie aux abois de Claudio Prandelli et Mario Monti. Et Rafael Nadal allait souhaiter une bonne nuit au « petit » et un peu trop remuant Lukas Rosol, 100e mondial, en n’oubliant pas de lui flanquer une petite fessée, au moment où les vieilles Anglaises du Central Court flinguaient leurs dernières fraises à la crème…

Il était un peu moins de 21h à Varsovie et à Londres. L’heure des paris sur bwin.fr, et des crimes… Car c’est bien d’abord d’un crime qu’il faut parler quand les Germains ne savent plus jouer au football. Un crime contre la tradition, l’une des plus ancrées du football mondial, celle d’une Manschaft dominatrice et sûre d’elle-même en compétition internationale.

Mais face à la machine teutonne, le grain de sable est passé. Un grain nommé Balotelli, le fou des terrains et barjot tout court. Le garçon a un comportement qui l’emmènerait directement à l’hôpital psychiatrique s’il ne tripotait pas si bien le ballon. Ses entraîneurs ou sélectionneur continuent d’ailleurs contre toute recommandation des spécialistes en pathologies neurologiques à lui témoigner leur confiance, malgré des incartades sur et à l’extérieur des pelouses, chaque jour pratiquement que dieu fait… Et après tout, Dieu est peut-être d’accord et pousse visiblement son poulain à des exploits renouvelés. Contre les Allemands, il a mystifié Badstuber puis Lahm et inscrit les deux buts de la victoire de la Squadra…

Quasiment à la même heure, un autre dingue des pelouses est sorti de sa boite. Une boite à pétards du 14 juillet. Un feu d’artifice sans doute inédit sur l’herbe de Wimbledon et sous le toit de la légendaire enceinte, reconstruite depuis peu avec un toit amovible.

Sous le toit de Wimbledon, tempête sur le Central et sous le crâne de Nadal

Nos amis et néanmoins pas toujours très fins rosbeefs n’ont pas trouvé d’autre idée que d’utiliser leur nouveau joyau de technologie en le déployant (en cas de nuit tombante par exemple) avec leur flegme habituel… il leur faut en effet une demi-heure pour le fermer… Ni plus ni moins. Il restait aux deux protagonistes, Nadal et Rosol, donc, le Tchèque juste connu de sa famille proche, qu’à rentrer au vestiaire pendant trente minutes avant de finir leur match du 2e tour… Un cinquième set…

Un cinquième acte jamais vu à Londres, qui a pourtant connu des événements peu communs en un millénaire ou deux d’existence. En tout cas, une telle violence depuis le blitz de l’été 1940, certainement pas. Le dénommé Rosol, nouveau bombardier des courts, a alors lâché une série d’ogives, en coup droit, en revers et au service, comme Nadal n’en avait jamais vu passer de si explosives… Un malade, on vous dit, le Lukas. Et Nadal, l’encaisseur le plus dur au mal de l’histoire du tennis, s’en est trouvé saoulé. Saoulé de tant de folie, et battu, abattu par le nouveau psychopate de la balle ronde…

Ce jeudi soir, c’était bien vol sur un nid de coucous !

Bleus : Plaignons Laurent Blanc !

Deux ans. Deux ans d’une galère dans laquelle sans doute il doit encore se demander pourquoi il s’y est fourvoyé. Ces Bleus ne méritaient pas, c’est évident, après que cet Euro 2012 et vingt-quatre mois d’errements l’aient définitivement démontré, que Laurent Blanc vienne se pencher sur leur banc…

L’équipe de France a été reprise en lambeaux après Knysna, elle est aujourd’hui à peine vêtue de fripes de prêt-à-porter. Son bilan se résume à une accession en quarts de finale à l’Euro, certes, mais aussi inespérée que flatteuse et succédant à un parcours en éliminatoires chaotique et jonché de sorties de route.

En Pologne et en Ukraine, on a apprécié un premier match juste passable contre l’Angleterre, puis on s’est presque étonné d’un autre encourageant face à l’Ukraine avant de se déprimer à nouveau devant une double et absolue déconfiture. Pire, avec ces deux dernières sorties contre la Suède et l’Espagne, le sens de l’honneur a été bien égratigné

Le Président a tenté beaucoup de choses pour essayer de relever les morts de 2010. Mais les Bleus, à quelques rares exceptions, l’ont quelque part trahi. Il leur a fait confiance, trop sans doute, les a même chouchoutés parfois mais n’en a obtenu en retour qu’une effarante ingratitude.

Vous me direz, lui ou un autre, le résultat aurait été probablement le même. Car fallait-il se leurrer, se méprendre au sujet d’une génération qui n’est pas, loin, très loin s’en faut, à la hauteur de ses devancières ? Je le disais dès les premiers matches de qualification pour cet Euro, tout était si mal parti que l’issue ne pouvait être que médiocre. Pitoyable même, jusque dans les attitudes, Samir Nasri ayant conclu ces deux années par – ce qui devient une habitude chez les Bleus – un énième éclat en dehors du terrain

23 matches sans défaite, le plus beau trompe-l’oeil de l’histoire des Bleus…

Des bons joueurs ? Où étaient-ils les bons joueurs depuis l’Afrique du Sud ? Quelques dirigeants et observateurs se sont cachés derrière un bilan parfaitement trompeur (23 matches sans défaite… soit, mais quel jeu) et quelques tours de magie de certaines de nos « stars » pour faire des Bleus – quelle illusion – de possibles trouble-fête de ce Championnat d’Europe et pourquoi pas des tombeurs de l’Espagne en quarts de finale. L’occasion était pourtant belle ce samedi à Donetsk de finir au moins en beauté…

Mais non, Laurent Blanc leur avait offert, à ces garçons, avec une composition d’équipe de contreurs, de se battre, de se défoncer face aux imprenables Ibériques. Ils ne l’ont pas fait, n’ont pas même daigné mouiller le maillot, peut-être parce qu’il était blanc…

Bleus – Euro : de Knysna à Kiev, les désastres se suivent et se ressemblent !

Un quart et c’est absolument tout. Parce qu’autrement, c’est dans leur bus maudit de Knysna que ces Bleus, comme le raillait Michel Platini avant cet Euro, semblent vouloir demeurer…

On les croyait naïvement remis de leurs maux, nos Français, de leurs misères sud-africaines, de leurs tourments… On s’était sans doute trompés. Une victoire contre l’Ukraine dans cet Euro avait laissé croire à la guérison, au moins à la remise des têtes à l’endroit. Un beau trompe-l’oeil ! Car contre la Suède, pourtant déjà éliminée avant la rencontre, tout est revenu en pleine lumière, le pire du pire de 2008 et bien évidemment de 2010 ! On retiendra le nom de Kiev, lieu de cette seconde humiliation en deux ans, comme l’un des plus grands désastres de l’histoire des Bleus.

Le pire est arrivé contre la Suède, mais le pire du pire est à venir… Espagne en vue !

Une bérésina de jeu et de volonté. Pas un des titulaires, ni Benzema, ni Nasri, ni Ben Arfa l’appelé de dernière minute, ni personne (excepté Lloris et peut-être Ribéry) pour racheter les autres. Un trio du milieu de terrain totalement décontenancé et dévoré par son homologue jaune, une attaque en échec quasi-complet et une défense, mes amis, une défense trouée comme du gruyère, lente comme un char d’assaut et démantibulée comme le tandem Rami-Mexès plus inexistant que jamais pendant quatre-vingt dix minutes complètes et en état de mort clinique sur les deux buts suédois…

Mais, le plus affreux est encore à venir, puisque l’équipe de France est qualifiée pour les quarts de finale. Et ce sera contre l’Espagne… championne du monde, d’Europe, et qui compte dans ses rangs les six ou sept meilleurs joueurs du monde en activité… La France possède les plus suffisants de cet Euro…

Jérémy Ménez ne m’énerve plus…

Il appartient incontestablement au gotha. Un gotha un peu particulier, celui de ceux qui vous agacent. Ils vous énervent, vous font monter la tension, comme ça en un rien de temps. Jérémy Ménez joue bien au football, formidablement bien même, mais on dirait qu’il ne veut pas des applaudissements.

Comme si les louanges l’ennuyaient, il vous gratifie après un fribble génial ou un but sublime comme contre l’Ukraine, d’une course stoppée ou d’un contrôle de balle de retraité. Et on ne le comprend plus parce que c’est si gros que l’on est persuadé qu’il vous nargue. Tel qu’il est, Ménez, dont on ne sait plus trop où placer les accents sur ses nom et prénom, ni les y ou z, est tout de même un garçon qui ménage de moins en moins ses efforts. Et c’est un progrès, immense.

Au Parc des Princes, il n’est plus sifflé depuis quelques mois par le public du PSG pourtant le plus difficile et le plus moqueur de France. Il attaque, passe, marque, et va jusqu’à défendre, le tout avec un pourcentage de fioritures et autres comportements ulcérants en baisse considérable. Tant et si bien qu’on ne peut plus s’en passer entre les Portes d’Auteuil et de Saint-Cloud. Et que même les journalistes s’en sont quasiment fracturé les doigts sur leur clavier en en faisant l’un des trois Fantastiques avec Pastore et Nene…

Ménez échappe au carton rouge puis fait un carton en bleu…

Mais Ménez est toujours Ménez. En équipe de France, par exemple, il n’a pas complètement usé son pouvoir magique d’exaspération. Face aux Ukrainiens, coupe de cheveux pourtant pour la première fois réglementaire depuis des lustres, il n’a donc pas dérogé à ses vieux principes. Des actions de grâce pure, des transmissions de balle au laser et un but de mutant qui a définitivement décontracté les Bleus. Et bien sûr trois ou quatre facéties de son cru. A la limite du loufoque voire du n’importe quoi à ce niveau, échappant au carton rouge par le bon vouloir de l’arbitre. Un comportement névropathique rendant absolument fou de rage Jean-Michel Larqué. L’ami Jean Mimi, plus qu’au bord du nervous breakdown, s’en est pris comme il sait si bien le faire au coupable à qui il aurait volontiers passé la corde au cou après son autre but, immanquable et parfaitement manqué.

Sévère, Jean-Michel, peut-être frustré de l’absence à ses côtés sur M6 de son vieux complice Thierry Roland. Trop sévère. Jérémy, moi, ne m’énerve plus. Pas plus que Laurent Blanc sur qui les coups de sang font désormais Pschitt… L’orage, dantesque, qui s’est abattu à Donetsk et a interrompu le match, est peut-être le signe que le coup de foudre entre Ménez et nous n’est plus si loin.