France-All Blacks : Être ou ne pas être…

C’est la question la plus célèbre de l’histoire, qui revient sans cesse depuis ce diable de Shakespeare dans l’esprit de l’homme. Et qui resurgit ces derniers jours dans celui, plus torturé que jamais, de notre XV de France. Jouer à fond samedi contre les All Blacks ou pas ? Les « respecter » ou pas ? Gagner ou perdre ? Voilà la – les – question(s).

Y aurait-il « quelque chose de pourri », comme le clamait Hamlet, au royaume des Bleus pour qu’une telle question se pose, ou plus précisément pour qu’on la pose pour eux ? Pourri, peut-être pas, mais faussé ou vicié, c’est plus probable. Parce que depuis la défaite de l’Australie contre l’Irlande dans le groupe C, la France a un peu changé d’humeur, passée de souffreteuse à primesautière, se sentant d’un coup comme l’effigie de sa Marianne, sourire Colgate aux lèvres et poumons gorgés d’espoir.

Les All-Blacks voudraient fesser le XV de France…

A contrario, les Néo-Zélandais ont la désagréable impression de s’être fait méchamment rouler dans la farine. Pas par l’échec des Wallabies – une bonne jouissance gratuite – mais par ses conséquences. Pour les Blacks, battre, écraser si possible, les Bleus, ne serait plus leur infliger une correction méritée, un rêve depuis 1999 et 2007. Au contraire, les Français n’attendraient désormais plus que ça, une bonne fessée en public. Car, magie et vertu du sadomasochisme, la punition les enverrait au paradis d’une phase finale semée de roses, un peu piquantes certes, mais tout à fait supportables, Angleterre en quarts, Irlande ou Galles en demies…

L’accueil charmant qui a présidé il y a quinze jours au débarquement des trente joueurs de Marc Lièvremont est en conséquence oublié. La presse kiwi nous assassine. Avec, il faut l’avouer une insigne mauvaise foi. Nous alignerions une équipe bis pour ce qui aurait du être une fête du jeu, autrement dit une bonne rouste offerte par des Blacks aux Blues. Ce n’est pas charitable. D’autant que l’équipe de France qui avait triomphé à Dunedin il y a deux ans était sensiblement la même.

Alors que répondre, que faire ? Les joueurs français ont essayé au lendemain de cette volée de bois vert de rester zen. A moitié réussi. Pascal Papé a sauté les pieds dans le plat, dénigrant l’un des symboles les plus chers au peuple du Long Nuage Blanc, son haka. Une finesse à la Obélix…

Auckland, Alésia ?

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