Jeannie Longo, par principe

Les Français sont comme ça. Ils aiment leurs anciens qu’ils voient comme leurs protecteurs, leurs sages. Dès lors qu’ils ne leur cassent plus trop les pieds, ils leur pardonnent tout jusqu’à oublier ce que ces politiques ou sportifs leur ont fait subir ou qu’ils détestaient d’eux du temps de leur exposition. Jeannie Longo, 52 ans et toutes ses dents de dérailleur encore bien huilées, est leur « sportif préféré » et ce n’est pas une surprise.

Mais ça pourrait ne pas durer… quoique.

« La » Longo, comme on dit « la » Diva, est un éternel sujet de stupéfaction pour ses congénères et pour la science. Un palmarès unique au monde et une longévité sportive du même acabit. S’est-elle dopée depuis que l’on a appris cette semaine que son mari, Patrice Ciprelli, avait acheté de l’EPO en 2007 ? Nous n’en savons rien et les Français, j’en suis sûr, s’en moquent royalement. Ils sont dix millions chaque année sur les routes du Tour de France à acclamer des laboratoires vivants sur roues…

La France aime Jeannie parce qu’elle est leur mère, leur grand-mère, leur exemple. Elle ne s’est jamais mise à genoux, jamais excusée, jamais déballonnée devant personne. Et elle a gagné, beaucoup gagné, en suant, s’accrochant, pestiférant contre elle-même et l’ adversité. Longo mérite selon les Français une reconnaissance éternelle, comme les grognards de Napoléon, comme Jeanne d’Arc ou Marie Curie qui sont allés à l’extrême bout de leurs combats, en crevant pour ce qu’ils croyaient.

La France aime Jeannie Longo parce qu’elle lui ressemble

La France aime Jeannie parce qu’elle lui ressemble. Faut pas lui chercher des noises, comme ça pour rien, pour le plaisir d’emmerder. Si elle a pris des produits… ? Bah, ça la regarde et tout le monde fait un peu pareil…

Vous me direz, tout ça n’est pas très net, pas très moral. Et un peu pathétique. Jeannie a tout sacrifié à sa vie de cycliste, y compris la possibilité de la maternité ou l’espoir d’une retraite paisible et méritée. Pour trente-cinq ans, jusqu’à aujourd’hui, de cul sur une selle et de coups de gueule sans fin… Les Français l’aiment pour ça, pour sa persévérance inégalée à la souffrance, son refus pathologique des convenances. Rien à voir avec la moralité. Mais question de principes. On est Français, ou Gaulois, ou on ne l’est pas.

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