Marconnet n’ira plus à la guerre…

Moche. L’humiliation est sans doute le pire des sentiments humains. Sylvain Marconnet l’a ressentie à plein dès samedi avant le match de Dublin en apprenant de la bouche même de Marc Lièvremont son éviction du groupe des Bleus. Il l’a déballée sans détours dimanche matin juste après l’annonce officielle du groupe définitif des trente par le sélectionneur. Et, devant ses coéquipiers, avec des larmes, des vraies.

Humiliant parce que avilissant, laid, injuste, sans rapport apparent entre cause et conséquence… Pourquoi Marc Lièvremont a fini par appuyer sur la touche « erase » ou « cancel » dans la case Marconnet ? Mais pourquoi, surtout, a -t-il choisi le semblable et inique système d’élimination qu’Aimé Jacquet avait employé en 1998, et si regretté ensuite ? Là est la vraie question.

Car, nom d’un chien, est-il si compliqué de choisir trente joueurs trois mois avant un Mondial et de s’y tenir, quitte à en renvoyer quelques-uns pour blessure ou autre motif extra-sportif (Cf. Huget) et de rappeler des suppléants qui s’entraînent aussi dur dans leur club ? Eh bien, ça a l’air en effet compliqué. Et nous voilà revenus aux mêmes scènes de détresse qu’il y a treize ans, pleurs, rancunes ou départs précipités de la part des bannis, des « inutiles ». Et Marconnet, professionnel parmi les professionnels, courageux parmi les courageux et grognard parmi les grognards, forcé à une tirade Shakespearienne, « Haïr ou ne pas haïr Lièvremont ».

Lièvremont ne sort pas de son labyrinthe infernal…

Décidément, notre Marc a du mal à se construire une fabrique. Depuis presque quatre ans, il se complaît curieusement, j’irais jusqu’à dire « freudiennement », dans un labyrinthe infernal de pensées. On ne le comprend jamais, quand on y parvient, qu’avec peine. Car, nom d’une pipe, qu’a fait Marconnet pour mériter un sort pareil, pour être puni de la sorte, pour ne pas prendre part à une Coupe du monde pour laquelle il avait tout donné de son corps et de sa tête pendant deux mois pour s’y envoler avec ses camarades ? Ce garçon, je l’ai croisé plusieurs fois, est tout excepté un poltron ou, pire, un naïf. Il se connaît et connaît les autres et l’a prouvé en quinze ans de carrière et presque autant en équipe de France.

Le rappeler au printemps afin de partir pour sa dernière grande aventure sportive, c’était comme rappeler Kutusof en 1812 ou Clémenceau en 1917. Tant de batailles, tant de douleurs, tant de cicatrices, tant de succès et quelques revers, et malgré tout toujours debout, ça n’est pas rien. C’est même une preuve, LA preuve, d’un caractère, d’un talent, d’un exemple. Mais Sylvain Marconnet ne partira pas vers son dernier combat.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s