Annecy, candidature « baltringue »…

Déconfiture, fiasco, humiliation, la France s’auto-flagelle depuis ce mercredi 17h17 et l’enveloppe ouverte par Jacques Rogge qui contenait le nom de la ville choisie pour l’organisation des Jeux Olympique d’hiver en 2018, Pyeongchang, Corée du Sud.

Sept voix pour Annecy, la candidate française. Sur 95. Mais sept voix sur quatre-vingt quinze, c’est en l’espèce déjà beaucoup… Beaucoup pour la candidature française la plus bâclée de l’histoire. Pour ne pas tomber à zéro voix, j’imagine que Guy Drut et Jean-Claude Killy, les deux membres français du CIO, ont du glisser leur bulletin en faveur de la ville haut-savoyarde, ainsi que le Prince Albert et trois ou quatre autres francophiles convaincus…

Bâclée, me risquai-je… Nulle, ridicule, aurais-je pu ajouter puisque la France a été capable d’oser présenter un dossier où aucun, je dis bien aucun, des éléments ne lui était favorable. Tête pensante déconnectée, budget raboté, adhésion populaire inexistante, volonté politique invisible, tout était si mal fagoté que le désastre était annoncé depuis le début.

Et le résultat était doublement connu d’avance pour une raison qui est absolument toujours la même. L’alternance des continents est en effet une règle non écrite mais intangible dans les faits, et avec l’émergence de l’Asie, l’Europe ne pouvait obtenir deux fois le sésame de suite (Sotchi en 2014).

Les Jeux Olympiques ne sont pas une fille facile !

Alors, pourquoi avoir démarré une aventure si piteuse avec aussi peu de chances de réussite ? Là, on tient un début de réponse. Une candidature est désormais affaire de long terme. Une victoire en « one shot » est devenue impossible. Trop de villes, trop de pays veulent les JO depuis trop longtemps. L’olympisme, c’est un fait, et c’est probablement l’un de ses plus grands mérites, ne se laisse pas culbuter sur un coin de table. Il faut préparer de loin son rendez-vous, choisir le meilleur restaurant, déployer le meilleur de sa conversation, puis ne commettre la plus petite faute de goût dans l’escalier avant d’envisager que la promise puisse, peut-être, vous faire entrer…

Pyeongchang venait pour la troisième fois proposer ses charmes en tenue de gala, Londres en avait fait autant pour les JO d’été… etc. Annecy a fait à Durban un petit numéro de dragueur de « baltringue » et en est évidemment sorti la queue entre les jambes… On aurait bien sûr aimé une séduction plus raffinée, « à la Française ». Ce sera pour plus tard, si Annecy veut toujours conquérir sa dulcinée.

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