Max Guazzini, »Paris brûle-t-il ? »

C’est triste la gloire quand elle retombe. Un vieux dictionnaire de l’Académie Française la définissait comme un « concert unanime d’estime et de louanges ». Le Stade Français a connu cette grande et belle musique durant presque quinze ans. L’orchestre s’est brutalement tu ce samedi, à Charléty.

Paris a joué, Paris a perdu. Contre Perpignan, les hommes au maillot le plus bariolé de l’hexagone ont cédé (9-21) face à des Arlequins bien cyniques. Perdu plus qu’un match, d’ailleurs. Envolés les derniers espoirs de phase finale, pour la première fois depuis 1998 et un titre de champion, lui-même retrouvé au bout de… quatre-vingt dix ans.

Et Max Guazzini, la mine aussi sombre que son manteau et ses lunettes noires, s’est levé de son siège quelques minutes avant le coup de sifflet. Final. Il le savait le grand Max, que son équipe venait de mettre la flèche. Quand le souffle manque, on ne peut plus gravir les cotes. Et Paris cherchait son oxygène depuis un moment, deux ans au moins.

Je crois que Guazzini a pourtant tout tenté pour éviter l’inéluctable. Il a changé d’entraîneurs, recruté à bon compte, poursuivi sa politique de spectacle, piqué des crises monumentales, recapitalisé les finances du club, défendu d’arrache-pied moult dossiers délicats… Mais la concurrence, c’est de bonne guerre, ne lui a fait aucun cadeau. Max a cru en investissant la Ligue se faire l’ami des « mangeurs de cassoulet », s’en faire des collègues. Ils lui ont sucé le sang.Guazzini s’est de surcroît lancé à corps perdu, des années durant, dans l’un des deux ou trois projets de sa vie. Le nouveau stade Jean-Bouin en fera définitivement un homme riche. Qu’il ait eu raison ou tort, c’est son droit. Il y a laissé vraisemblablement de l’énergie et de la sève, toutes ressources qui lui ont fait défaut dans une période où le Stade Français, son enfant, aurait nécessité l’entièreté de ses attentions. Et les matelots ont quitté progressivement le navire en détresse…

Qu’il me contredise, j’en serais heureux, mais je crois que les années de lutte finissent par user. Je ne veux surtout pas dire que Guazzini va abandonner son club. Mais quelque chose me dit qu’il va passer la main. A qui ?…

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