Gilles Simon ne connaît pas son génie

C’est l’un des mystères du sport. Pourquoi un talent exceptionnel ne peut-il s’harmoniser avec des énormes résultats ? Pourquoi un don fabuleux, comme celui de Gilles Simon, s’éparpille-t-il dans l’atmosphère ? La réponse est aussi facile que vieille. Il n’y a pas de génie sans travail ni, j’ajouterais, sans la conscience de l’être.

Gilles Simon est sans doute intrinsèquement le joueur français le plus extraordinaire du vingt et unième siècle. Mais, et c’est son handicap, il ne le sait pas, ne s’en persuade pas, malgré tout ce qu’on peut lui en dire. C’est la différence qu’il y a, c’est certain, avec par exemple un Roger Federer qui, lui, est parfaitement convaincu de son ahurissante valeur à l’Argus du tennis, c’est à dire tout en haut de l’échelle des cotes, toutes périodes confondues.Contre le Suisse, au deuxième tour des Internationaux d’Australie, Simon a regardé jouer son adversaire durant deux manches. Simon n’a même pas démarré le match, il en était spectateur, comme devant un film documentaire. Federer récitait son tennis habituel, celui que les autres ne connaissent que de vue… En une heure à peine, le Fed Express était passé.

Il ne manque qu’une chose à Gilles Simon, laisser sa lumière allumée…

Et puis, et puis… Le Français, on ne sait pourquoi, a allumé la lumière quelque part dans sa tête. Celle qui éclaire et dirige notamment ses coups de fond de court, probablement uniques de par leur vitesse et leur précision sur le circuit. Federer en était réduit, fait exceptionnel, à l’état du commun des mortels. Deux manches plus tard, l’ancien numéro 1 mondial pouvait craindre d’être laissé à quai avant un quart de finale de Grand chelem pour la première fois depuis… huit ans.Simon attaquait le cinquième acte avec un incontestable avantage. Il était supérieur au plus grand joueur de tous les temps… Restait la tête, le cerveau, se convaincre que de seulement conserver ce niveau suffirait pour le fantastique exploit de détrôner le Suisse non seulement lors d’un deuxième tour mais pour la troisième fois en trois rencontres dans leurs confrontations… Seulement…

Federer de son côté a alors juste clippé sur le « on » de son ordinateur spécial à finish (6-2, 6-3, 4-6, 4-6, 6-3), tandis que la batterie de Simon s’éteignait. Fin de série pour Gillou, qui restait sur sa victoire au tournoi de Sydney et son premier tour de Melbourne, soit six victoires de suite.

Ah, Gilles Simon, si tu savais… que tu peux être grand…

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