Et si on supprimait le Ballon d’Or…

Finalement, ce Ballon d’Or ne contente jamais personne. Il suscite la plupart du temps la polémique, voire la haine, comme pour sa dernière édition. Les Espagnols, fous de rage après Messi, ou plutôt après la défaite de Xavi et Iniesta, s’en sont pris au jury, au mode d’élection et à la terre entière.

Si c’était la première fois… Mais c’est le cas presque chaque année. Jamais, ou quasiment, le joueur élu ne fait l’unanimité. Aux premiers temps, France Foot sacrait un joueur exclusivement européen. Bien sûr, les autres, et notamment les Sud-Américains, s’insurgeaient, Pelé n’a jamais par exemple été récompensé…

Le système d’élection, par des journalistes spécialisés, a ensuite subi le feu des critiques. Puis ce fut le mode quelque peu arbitraire de sélection – trop importante prise en compte des prestations lors des grandes compétitions, du fair-play – qui a amené à élever au pinacle des Rossi, des Matthaus ou Cannavaro au détriment des Cantona, Bergkamp ou Henry. Reconnaissons-là, par la seule évocation de ces noms, la perversion du système…

Au bilan, le trophée n’a souvent fait que des malheureux. Les vainqueurs n’en ont tiré que gloriette… Ils n’en avaient souvent pas besoin, gavés de trophées glanés, eux, à l’issue de compétitions remportées sur le terrain. De surcroît, comme cette année, il provoque six mois durant, avant et après qu’il soit décerné, des discussions de comptoir à n’en plus finir, et des polémiques qui atteignent, elles, les plus hautes sphères, à qui la température des débats finit par donner la fièvre.Aujourd’hui, le Ballon d’Or est décerné par deux organisations (France Foot et la FIFA) et trois sortes de jurys, capitaines de sélection, sélectionneurs et journalistes, représentant un peu plus de six cents personnes. Bon, c’est vrai, cela ne prête pas trop à contestation. Mais ce n’est toujours pas un vote universel. Et Messi a certes été un génie durant la majeure partie de la saison… sauf au moment décisif, c’est à dire en Coupe du monde. Pendant ce mois capital, ce sont les Espagnols Xavi et Iniesta qui ont montré ce qu’ils savaient faire, face à l’adversité la plus féroce. Pas Messi.Enfin, le Ballon d’Or est un trophée quelque peu bizarre, contradictoire, qui fait ressortir un maillon d’une chaîne, un élément d’un collectif. Ce qui est assez injuste. En soi, il me parait inique en regard des trophées de fin d’année en tennis ou golf.

Je ne dis pas que le Ballon d’Or ne sert à rien. Je dis qu’il est subjectif… Le supprimer ou lui donner sa véritable importance, autrement dit un laurier somme toute banal de fin d’année, ne ferait que le remettre à une place bien plus conforme à ce qu’il devrait être.

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