Yachvili, le sous-coté du rugby français

On en a presque l’habitude. Le talent en France n’a pas toujours la cote. Certes, on le repère vite et on le monte en épingle. Car c’est un don du ciel que notre vieille patrie, fille aînée de l’Église, ne saurait ignorer. Mais une fois montré aux ouailles, il menace carrément le Très-Haut et devient gênant. On le rabaisse et on le range parmi le commun des mortels. Dimitri Yachvili, le demi de mêlée du Biarritz Olympique, n’a à cet égard pas la reconnaissance qu’il mérite.Beaucoup d’artistes de la balle ont écumé les terrains de l’hexagone. Il n’en est resté que quelques poignées qui sont vraiment parvenues à trouver la lumière. En rugby, le plus bel exemple de ces génies maudits demeure celui de Jo Maso. Pétri de tous les dons, vitesse, agilité, sens de la passe… etc, le trois-quarts centre de Narbonne n’a connu que 25 sélections en équipe nationale alors que sa valeur intrinsèque aurait du lui en valoir le double ou le triple. Et très vraisemblablement faire profiter les Bleus de quelques Grands Chelems supplémentaires. Mais voilà, Maso était un électron libre, un mouton gris que certains voyaient noir…

En les temps actuels, il existe à mon avis un nouveau Maso. Il officie au Biarritz Olympique depuis presque dix ans comme demi de mêlée, poste pour lequel on croirait qu’il a été créé pour lui et lui seul. Dimitri Yachvili a porté 47 fois le maillot bleu. Mais ses avis tranchés, pas toujours dans le sens du vent fédéral, et sa personnalité affirmée, pouvant selon les nantis prébendés de la FFR gâter une collectivité, lui ont évidemment fait du mal lors de certains choix des sélectionneurs. Notamment à des moments critiques comme pour la dernière Coupe du monde en 2007.

Yachvili, « Yach » pour les intimes, vient pourtant ces derniers mois de produire le rugby le plus abouti de sa carrière. Son pourcentage de réussite aux coups de pied approche la perfection, son sens du jeu est inégalable à l’heure actuelle et il délivre, comme jamais auparavant, des passes dignes de Magic Johnson, la référence ultime dans ce genre d’exercice, même s’il s’agit là de basket. Face à Agen lors de la 16e journée du Top 14, il a réalisé un festival ahurissant de ces fameuses passes dans le dos ou « chisteras » que lui-même ne se permet généralement qu’une fois par match. A trois reprises, il a offert par ce tour de passe-passe un essai à ses coéquipiers. Le tout à une célérité si grande que seuls les ralentis ont pu les déceler.Que Marc Lièvremont, par pitié, réfléchisse bien avant de concocter sa liste pour le Mondial de 2011. Il (avec Maso dans le comité de sélection !) a trois numéros 9 à choisir. Nom d’un ballon ovale, que Yachvili soit de ceux-là !

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