Llodra remet la volée à la mode

Quel naufrage que la vieillesse, disait le général de Gaulle. En sport, la trentaine s’apparente souvent au troisième âge et rares sont ceux qui durent au-delà de ce cap. Plus exceptionnels encore, les champions qui s’améliorent après cette limite de fraîcheur. Michaël Llodra vient clairement d’entrer dans cette catégorie.

L’attaque, une tactique « oubliée »

Guy Forget ne s’y est pas trompé et a désigné le gaucher parisien pour la deuxième fois consécutive comme l’un de ses deux joueurs de simple de Coupe Davis. Le gaucher parisien a été une nouvelle fois épatant lors du premier match, contre Juan Monaco, de la demi-finale contre les Argentins. Mais pas épatant comme on l’entend dans le tennis moderne, c’est à dire en bombardant du fond de court. Mais en attaquant.Cette tactique « oubliée » par les joueurs depuis Stefan Edberg revient heureusement en grâce avec Llodra. Le plus drôle, c’est que lui-même n’y croyait plus vraiment. « On m’a fait comprendre autour de moi que je pouvais faire mieux si je changeais d’attitude », glissait-il avant ce France-Argentine. « On » ? Probablement Amélie Mauresmo, qui l’a conseillé à Wimbledon cette année. Ou Forget, qui sait ce que le mot offensive veut dire et peut surtout apporter quand on la pratique avec un tel talent.

Llodra ne monte plus en « chaussettes »

Parce que Llodra, sur le plan du service-volée, est sans doute l’un des joueurs du circuit qui en use le mieux. Et plus encore cette saison où il acquiert, l’expérience aidant et avec des certitudes nouvelles sur ses capacités, une sorte de plénitude. Résultat, son classement est au top de sa carrière (30e). Ce Michaël-là est même, exception faite de John Isner, celui qui monte le plus souvent au filet. Mais plus, comme auparavant, « en chaussettes ». Llodra s’est persuadé, ou s’est fait persuader, que ses attaques pouvaient être plus sûres, plus efficaces, en s’appuyant d’abord sur des services travaillés à la perfection ou sur des attaques portées à bon escient.Et comme Edberg, ou Sampras, – voyez la comparaison ! – Llodra possède un sens aigu de la volée, ce coup qui fait désormais peur même à certaines épées du jeu, comme Federer. Encore fallait-il qu’il se mette définitivement l’idée en tête que ce coup pouvait lui profiter face aux meilleurs. Contre Verdasco, 10e mondial, au tour précédent, Llodra avait rendu fou l’Espagnol en multipliant les montées à contre-temps. Contre Monaco, il a récidivé dans ses chevauchées vers l’avant, soixante-douze fois exactement !  Avec une réussite supérieure à cinquante pour cent, ayant pour effet de désorienter les réflexes de son adversaire.

Llodra, la trentaine florissante, coups et idées en place, peut remettre la volée à la mode.

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