La Serbie, du désespoir à l’extase

Le sport réserve parfois de curieux coups du destin. Ce samedi, la Serbie en a curieusement connu deux à quelques heures d’écart, aussi fous l’un que l’autre, et conclus par des issues diamétralement opposées.

A quatre secondes de la fin de la seconde demi-finale du championnat du monde de basket, les Serbes pouvaient se congratuler. Ils tenaient leur place en finale en menant d’un point après un panier du dénommé Velickovic. Leur adversaire, pas n’importe qui, la Turquie, l’ennemi héréditaire le plus absolu, était à leurs pieds. Tout un symbole après plusieurs siècles passés sous le joug ottoman. L’exploit, purement sportif celui-là, était à cet instant d’autant plus grand qu’il se produisait à Istanbul, dans la salle du pays organisateur, où l’ambiance frisait l’hystérie collective. Car la Turquie tout entière soutient son équipe comme peut-être jamais une nation ne l’avait fait auparavant. Le peuple turc ne vit depuis quinze jours qu’au rythme de son équipe nationale. Portés par ce formidable élan patriotique, à la limite de la dévotion, les coéquipiers de Edo Turkoglu avaient jusque-là été intraitables dans ce Mondial. Sept matches et autant de victoires. Mais ce coup-ci, la désillusion était toute proche.Quatre secondes à jouer, donc. Remise en jeu turque sur la ligne médiane. Il faut un miracle. Il a lieu. Et le « petit » Kerem Tunceri, 1,90 m quand même mais un nain dans ce sport, se démarque sur la gauche puis se débarrasse sur deux pas de son adversaire à vitesse supersonique pour aller inscrire seul le panier de la victoire… La Serbie est vaincue.

A New-York, demi-finale de l’US Open. Roger Federer, le grand Roger Federer, a deux balles de match dans le cinquième set face à Novak Djokovic. A-t-il vu, le Serbe, sur un écran dans les vestiaires avant de pénétrer sur le Arthur Ashe Stadium, ses compatriotes se faire souffler la victoire à dix mille kilomètres de là ? En a-t-il tiré la force d’inverser le cours du destin, si cruel à son pays ? En tout cas, il efface ces deux mortelles échéances. Très crânement. Et il renverse la vapeur. Federer est finalement terrassé. Djokovic n’en revient pas. Il est extatique.

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