Chapeau à Mahut, le grand Nicolas !

A l’heure où le football français se voit ridiculisé et stipendié par tout un pays, un joueur de tennis plutôt méconnu du grand public, Nicolas Mahut, rappelle au bon peuple que les valeurs fondamentales du sport n’ont pas disparu.

Le match qui bat tous les records de l’histoire du tennis!

Nicolas Mahut vient de livrer à Wimbledon, en même temps bien sûr que son vainqueur du premier tour l’Américain John Isner, la preuve la plus absolue que l’abnégation et le courage peuvent emmener loin, très loin, au-delà même de l’imaginable. Les deux hommes ont abattu en ces 22, 23 et 24 juin 2010 toutes les barrières connues à ce jour en tennis. Leur match, joué sur trois jours, interrompu deux fois par la nuit et d’une durée totale – oui vous lisez bien – de onze heures et cinq minutes, terminé sur le score de 70-68 au dernier set, a pulvérisé le record de longueur d’une rencontre du circuit, détenu alors par Fabrice Santoro et Arnaud Clément en 6h33. Vous avez encore bien lu, ce dernier set de huit heures et onze minutes a lui-même surpassé en durée cet ancien plus long match de tous les temps !!! Pour finir la peinture surréaliste de cet hallucinant tableau, Mahut a servi 103 aces et Isner 112, les deux matraqueurs reléguant Ivo Karlovic et ses 78 aces en un match au rang de serveur de plage !

Le plus stupéfiant en ce qui concerne Mahut, c’est qu’il avait réalisé une première fois le même genre de marathon… cinq jours plus tôt seulement. Ce natif d’Angers à l’âge déjà assez respectable (28 ans), adepte du service-volée et combattant dans l’âme, avait sorti le Britannique Alex Bogdanovic au deuxième tour des qualifications après un cinquième set conclu sur le score déjà invraisemblable de 24-22 !

Contrairement à d’autres, Mahut s’est arraché les tripes pour seulement quelques milliers d’euros !

Mahut, dont la coiffure laisse penser qu’il se peigne tous les matins avec son manche de raquette, n’est pas Federer ni même Tsonga ou Monfils. Il n’a jamais fait la une des journaux, a le plus souvent échoué au premier ou au deuxième tour des tournois du Grand Chelem qu’il écume depuis près de dix ans, et les sponsors ne s’arrachent pas les vingt ou trente centimètres carrés disponibles sur ses manches de chemise. Il a gagné cette année un peu plus de 80 000 dollars de prix, à comparer aux quatre millions engrangés par Rafaël Nadal !

Pour quelques milliers d’euros, donc, mais aussi pour ne pas « lâcher », comme il l’avait avoué lors de son premier match « king size » de la semaine, et enfin tout simplement pour respecter son propre code de l’honneur personnel et sportif, Mahut s’est, comme son adversaire d’ailleurs, arraché les tripes du ventre. Les deux héros n’ont pas fait de cinéma, ils sont simplement allés au bout d’eux-mêmes, allant jusqu’à susciter l’admiration béate de leurs collègues. John McEnroe lui-même a quitté deux jours de suite sa cabine de commentateur du Centre Court pour filer jusqu’au lointain court 18 et être le témoin direct de l’événement historique, lui qui en avait pourtant vécu un paquet en tant que protagoniste.

Il ne me vient qu’un mot à la bouche, que je n’ai pas prononcé une seule fois en quinze jours à l’égard de certains vingt-trois (plus un) malheureux petits garçons s’étant couverts d’opprobre en Afrique du Sud. Chapeau !

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