Coupe du monde, souvenirs subjectifs (6/10)

Le 11 juin, coup d’envoi de la dix-huitième Coupe du monde de football. D’ici là,  je vais essayer de vous en raconter dix épisodes qui m’ont particulièrement marqué… 1986. C’est l’année où toute la France y croit. La Coupe du monde ne doit plus être un rêve. En 1978, les Bleus ont bien joué mais ils étaient trop tendres. En 1982, ils ont encore mieux joué mais la fameuse culture de la gagne était en demi-finale du côté de ces maudits Allemands. Et puis en 1984, la guigne avait enfin changé de camp. Moi, je n’avais connu que ça, les poteaux carrés, les défaites à pleurer, les occasions manquées, le ballon qui part toujours du mauvais côté. Bref, la mouise éternelle. Là, à Paris, à Saint-Etienne, à Marseille, et encore au Parc, ce Championnat d’Europe, il avait été bleu. de bout en bout. La déveine, c’était pour les autres.Et puis, il y avait eu Michel Platini. Platoche, comme on disait. Les Français n’en revenaient pas. En cent ans, ils n’avaient jamais vu dans l’hexagone un tel enchanteur. Tout, il savait tout faire avec le ballon. Et ce qu’il faisait le mieux, c’était encore de le propulser au fond des filets. Neuf fois pendant l’Euro, du premier jour jusqu’à la finale. Le plus formidable gagneur de l’histoire du sport tricolore avec Jean-Claude Killy. Certains allaient jusqu’à en ironiser, à ne pas en faire un Français à part entière en pointant du doigt ses origines italiennes.Pour la première fois de l’histoire du jeu, la France débarquait en favorite d’une Coupe du monde. Au Mexique, les medias présentaient même Platini comme le meilleur joueur de la planète, à égalité avec Maradona. Et La 5, toute nouvelle venue dans PAF avait fait la nique à la Une et à la Deux en retransmettant les deux ou trois matches de préparation des Bleus dans les jours précédant le premier match de compétition. L’occasion de constater que le numéro 10 de la Juventus semblait quelque peu en-dessous de son niveau.

Platini a joué sur une jambe…

Ce fut en réalité le drame de l’équipe de France. Un drame caché. Platini était en réalité blessé. Ses adducteurs, sollicités à bloc depuis quatre ans à la Juve, le faisaient terriblement souffrir. Il avouera ensuite avoir « joué sur une jambe » depuis des mois. Et plutôt que de déclarer forfait pour le Mondial, l’équivalent d’une catastrophe nationale, Michel avait accepté de se faire traiter par des anti-inflammatoires « très sévères ». Le grand public n’en avait rien su. Les adversaires non plus évidemment. Bien sûr, devant mon écran, j’avais remarqué match après match que notre capitaine n’accélérait jamais franchement, qu’il n’allait pas toujours au bout de ses actions. Mais, comme les autres, je me disais qu’il s’économisait.

Le plus surprenant, c’est que ce Platini amoindri a bien failli emmener le pays vers le Graal. Failli seulement. Après des qualifications face à l’Italie et au Brésil, en huitièmes et en quarts de finale, l’Allemagne était encore passée par-là…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s