Gasquet dans les mâchoires de Murray

A s’en arracher les cheveux, à s’en mordre les doigts, à en pleurer de rage.Pendant deux sets et demi, Richard Gasquet a joué le feu, a fait hurler de dépit et de dégoût Andy Murray. Des services de Playstation, des retours de coup droit aimantés par les lignes, et des revers… Des revers de rêve, les amis… A en faire pâlir de jalousie Roger Federer, Alex Corretja et Cédric Pioline réunis.Avec ce revers, j’ai vraiment cru qu’il allait gagner, Richard. Et en trois sets. Il avait tout donné, tout risqué, tout fait. C’était un beau, très beau spectacle. Le public du Suzanne-Lenglen en rugissait de bonheur. Comme au temps où Henri Leconte sortait de son bras gauche des coups insensés, venus de nulle part, ne figurant dans aucun des manuels du tennis.

Deux sets à zéro, un break… C’était fait. En face, Murray grimaçait, s’invectivait. Se flagellait même avec sa raquette. On en oubliait à cet instant que Gasquet venait de disputer, et gagner, dix matches en onze jours. Qu’il était sans doute à la limite. Que derrière ses prouesses se cachait un corps à la limite de la casse. Que les forces jetées en finale de Nice quarante-huit heures plus tôt pour renverser Fernando Verdasco en finale étaient de trop pour croire à un nouveau miracle.

Il y a dans des rencontres comme celle-là, entre des champions au talent si exacerbé mais parfois si fragile, un petit espace de temps pendant lequel tout peut basculer. Où la tête rappelle tout d’un coup à un bras ou à une jambe des douleurs oubliées. Comme une goutte de sang repérée dans l’océan à des kilomètres par un requin, le mal est immédiatement décelé quelques mètres de l’autre côté du filet. Il n’y a plus un adversaire, il y a une proie…Murray est un squale. Sans pitié. Et sa pitance est maintenant à portée de mâchoire. Gasquet est blessé, plus d’hésitation. D’autant que le scénario de Wimbledon 2008 est bien ancré dans un coin de sa tête. Le même, exactement, deux manches et un break pour l’autre, et une blessure qui se réveille… Que la bête meure…

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