Deschamps, la victoire est en lui

« La Dèche« . Rarement un surnom aura été si mal porté. Car Didier Deschamps ne porte pas vraiment la poisse. En tant que joueur, dans les clubs où il a évolué, comme en équipe de France, il a vécu un parcours quasi-parfait. Des titres comme s’il en pleuvait. Une sorte d’arbre à guirlandes de trophées. Un recordman de France, même.Deschamps n’a pas été un artiste du jeu, loin s’en faut. Il a été un demi défensif, comme on avait dans le temps tendance à désigner les tâcherons du ballon rond. Mais dans tous les métiers, les plus ingrats soient-ils, il y a toujours quelqu’un qui sort du lot. Qui brille en quelque sorte dans l’obscurité. Et s’il fallait désigner le milieu de terrain le plus altruiste, le plus combatif, le plus acharné de l’histoire du football français, c’est sans doute lui qui figurerait en haut de la liste.

Mais Deschamps a aussi et surtout, à Nantes, à Marseille, à la Juventus et chez les Bleus, eu de l’influence sur ses camarades. Beaucoup. Au point d’en être le meneur, le chef, le capitaine naturellement, voire plus encore. Tout le monde sait désormais que la France possédait deux entraîneurs lors de la Coupe du monde 1998, Aimé Jacquet et son numéro 6

.Qui pouvait donc mieux que Deschamps passer aussi lumineusement du rôle de joueur à celui d’entraîneur ? Combien de fois avait-il en tant que joueur décrypté la tactique adverse et remis en place ses dix partenaires pour changer le cours d’un match ? Retraité des crampons en 2001, la fonction de technicien était faite pour lui.

Il choisit Monaco. Première saison délicate. Relations tendues avec le président Campora et avec quelques grandes gueules (Simone). L’échec n’est pas son truc, il le transforme en expérience pour rebondir. Avec sa méthode, faite à la fois de dialogue – quitte à enrober ses vérités de grosses ficelles – et de fermeté. Car une équipe qu’il dirige ne peut que lui appartenir pleinement, il le prouvera à Marseille. Dès sa deuxième année sur le rocher, il amène ses hommes sur le podium du Championnat, où ils resteront encore les deux fois suivantes. Puis c’est la  finale de la Ligue des Champions en 2004. On n’a pas fait même aussi bien depuis dans l’hexagone. Pas mal pour un débutant.

C’est ensuite le retour à la Juventus. Pas de pot, la Vieille Dame vient d’être reléguée après un immense scandale de corruption dans le Calcio, dans lequel elle a été très largement impliquée. Un titre tout de même, celui de la série B.Deschamps prend alors du recul tout en restant dans le milieu. Consultant. Sympa, des matches à observer et pas d’inscription au chômage. Et puis Marseille en 2009. Quelques premiers temps très très délicats dans un club où le volcan ne dort jamais. Il met les points sur les i. Il reste avec tous les pouvoirs sportifs ou il s’en va. On le prie de ne pas partir. Et il bosse. Il recrute, il écarte des joueurs. Il façonne, il construit son OM. Jusqu’au titre de champion de France de ce 5 mai 2010, suivant de quelques semaines la victoire en Coupe de la Ligue.Voilà, je cherchais le mot. Cet homme-là est un gagneur.

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