Imanol et son pied de nez au Munster !

Ces gars-là ne sont pas faits comme tout le monde. Depuis trois ans au moins, les joueurs du Biarritz Olympique, j’en suis témoin, ont vécu une sorte de chemin de croix. Jeu en berne, blessures incessantes, entraîneurs déboussolés, leaders en dépression et motivation dans les chaussettes. Trois saisons en enfer.

Et les voilà en finale de la Coupe d’Europe ! En battant le terrifiant Munster en demi-finale. On devrait dire en « terrassant » le Munster. Impensable il y a seulement quelques mois. C’était le temps où les avants Rouge et Blanc reculaient sur chaque mêlée et les arrières ne faisaient des passes qu’aux juges de touche… Le temps où Dimitri Yachvili butait à dix mètres de ses pompes. Le temps où Serge Blanco, revenu dans son fauteuil de boss du BOPB, prenait chacun de ses joueurs par le colbac dans le vestiaire: « Coco, si tu veux partir, tu prends tes affaires et qu’on ne te revoie pas à Aguiléra ».

Et comme par enchantement, ce dimanche, à Anoeta, chez leurs cousins basques d’au-delà la Bidassoa, les Biarrots ont retrouvé les vieilles valeurs. Vous savez, ces mots qu’on entend en campagne électorale ou que l’on lisait dans les bulletins de la Grande Armée. Solidarité, engagement, abnégation, combat. Des idées un peu à la con qui se perdent souvent dans l’air ou entrent par une oreille et sortent par l’autre. »Soldats, je suis content de vous« , aurait dit l’Empereur aux Biarrots. Parce qu’une bataille comme celle que les soldats du BO ont livré face à la quasi-invincible province irlandaise flanquée de sa Red Army (ses supporters), peu l’auraient gagné. Mais ces guerriers-là, il aurait fallu leur marcher sur le ventre pour les enterrer. Harinordoquy, le premier. La moitié des os du corps en morceaux et l’appendice nasal fragile comme du verre, Imanol a fait un pied de nez à la médecine et au Munster. La tête enserrée d’un masque de plâtre, le torse bandé d’élastoplasts pour soutenir ses côtes cassées, le troisième-ligne international aurait tout aussi bien pu assister au match de son lit d’hôpital, où il avait été opéré il y a huit jours à peine après deux fractures du nez ! Pas le genre de la maison. Plus d’une heure sur le terrain. L’heure du brave ! Dans tous les coups, dans tous les chocs.

Et l’exemple du roc Imanol a déteint sur ses potes. Pas spécialement géniaux, d’ailleurs. Mais inspirés par le mental qui renverse les montagnes. A l’image de Trevor Hall, dont la cuillère, oui une petite cuillère, qui a fait basculer le match et offert sur un plateau le festin du Stade de France à son club. Ou de Dimitri Yachvili, petite fourmi qui a accumulé les petits tas, de passes et de buts, pour en former finalement un plus précieux, un tas d’or.

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