Le jour où Chabal a bien failli me manger tout cru !

La scène se déroule en février 2009, à Marcoussis, le camp de base de l’équipe de France de rugby qui y réside durant le Tournoi des Six Nations.

Avec une trentaine de confrères (et consoeurs, il y en a aussi !) journalistes de la presse écrite, nous poireautons comme d’habitude en attendant les joueurs désignés pour répondre à nos questions dans le grand auditorium de « Marcatraz », comme le lieu a été appelé en raison de son style architectural aussi séduisant qu’une prison.

Et voilà qu’arrive sur le coup de midi Sébastien Chabal. La mine plus patibulaire encore qu’à l’accoutumée. La plupart d’entre nous entoure vite le barbu, bloc, stylos et enregistreurs en main. Première question, banale (question d’expérience, il ne faut pas réveiller la bête en sursaut !), première réponse: « Non ». De sa voix aussi caverneuse que son surnom, Chabal a planté le décor. Il est visiblement d’une humeur de dogue, prêt à éructer.

Les vingt minutes suivantes ne vont pas, moi compris, décevoir les pauvres plumitifs jetés en pâture au lion de Sale (son club d’alors).

Alors qu’un grand courageux à lunettes (c’est moi !) lui demande, le plus gentiment possible, avec un minimum de décibels, si le fait d’être remplaçant ne lui ferait pas en fait un peu plaisir…:

« Mais non, c’est débile votre question ! C’est con ! Votre question est débile ! » Chabal fait en même temps tourner sa tête de 90 degrés, vers ma pomme, et me fixe. J’ai à cet instant précis, je l’avoue, une furieuse envie de disparaître derrière mon enregistreur, d’être loin, très loin des yeux de braise de mon interlocuteur (mettez-vous quand même à ma place…). Je ne me dégonfle pas. Je me rends compte que ma question n’était peut-être pas bien tournée, que j’aurais dû la poser à l’envers.

« Je voulais dire, poursuis-je, que le fait que vous soyez remplaçant est tout simplement un choix délibéré du sélectionneur, Marc Lièvremont, qu’il compte sur vous à l’heure de jeu pour que vous jouiez votre rôle d' »impact player », et que d’autre part, vous ne pouvez pas jouer tous les matches comme titulaire, la fatigue… »

Chabal: « Non, c’est con… Si j’en avais l’occasion, je jouerais tous les matches pendant quatre-vingts minutes ». Et enfin, le Caveman m’assène un « C’est insupportable, vous êtes insupportable ! ». Fin de ma dérouillée ! Deux au trois autres vont encore se faire avoiner. Entre autres amabilités: « Comme ça, vous allez fermer vos bouches, tous! » ou, « Je vous le dis franchement, ça ne me réjouit pas d’être devant vous ».

Quelques minutes plus tard, je pousse la porte de sortie et me retrouve nez à nez avec ce bon Chabal ! Seul en face de lui, à à peine deux pas du géant. On ne s’est pas dit au revoir !

Philippe Verneaux.

PS: – Autre clash entre Chabal et des journalistes en mars 2009, bis du clash.

– La video de Chabal qui refuse de parler en anglais à un journaliste !

2 commentaires sur « Le jour où Chabal a bien failli me manger tout cru ! »

  1. Vu le respect que Chabal montre pour les lecteurs des journaux (par l’intermédiaire des journalistes qui posent leur question) qui apportent l’audience nécessaire à ce joueur pour qu’il gagne sa vie de sportifs, je pense qu’il n’est pas mûr pour ouvrir son blog et discuter avec le public qui le suit encore! Un jour peut-être, chabal se fera huer et ses neurones se connecteront.

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