Le sport, comme l’Histoire, est-il un éternel recommencement ? Allez, un peu de philo ça ne fait pas de mal ! Ça nous sort de surcroît du débat débilitant de la main de Thierry Henry

Alors, dirons-nous que les derniers événements sportifs ne sont que les preuves de l’éternel retour nietschéen ? J’ai tendance à répondre par l’affirmative.

Tiens, Alain Perrin viré de Saint-Etienne, on a envie de lui dire, comme Zarathoustra: « Cette vie, telle que tu la vis actuellement, telle que tu l’as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois et un nombre innombrable de fois ; et il n’y aura rien de nouveau, bien au contraire… »

Et les exemples de ce genre de ce début de semaine ne font qu’accentuer cette impression de déjà-vu. La “fourchette” de Julien Dupuy en Ulster rappelle celle de Marius Tincu l’an dernier à la même époque. Le retour de Schumacher dans un baquet ? Vous n’avez pas entendu ça l’an dernier ? Un médecin canadien, Anthony Galea, aurait vendu des produits interdits à des sportifs (dont Tiger Woods, qu’est-ce qu’il prend celui-là ces derniers temps !). Encore une affaire de toubib véreux, j’ai l’impression que le calendrier se répète de façon monotone.

Ah, juste deux choses qui me feraient croire que l’Univers du sport n’est pas cyclique. Mais ne me faites pas de procès d’intention ou ne me dites pas que j’ai l’esprit mal tourné. D’abord deux skieuses françaises ont gagné ce week-end. Et deuxio, un membre de la Fédération française de football veut blackbouler Domenech avant la Coupe du monde ! Nietsche n’est pas mort !

J’aime le sport. Et depuis que je ne pratique plus, je le regarde bien plus à la télévision que dans les stades.

Je suis comme tout le monde ou presque un télésportphage. Et en conséquence, non seulement je regarde mais j’écoute les commentaires. Et là, comme Philippe Bilger, je souffre. Mes oreilles sifflent. Vous me direz, je n’ai qu’à couper le son. Faites-le, alors ! Pas d’ambiance, pas de plaisir évidemment.

Donc, on me force à ce qui tourne parfois à la torture. Passons sur les petites fautes de français, on peut quand même pardonner à Thierry Jeanpierre de ne pas avoir de doctorat en linguistique ! Outre ces suites de mots dénuées de sens et ces poncifes éculés, le métier de journaliste doit selon moi se borner à un minimum d’objectivité. C’est vrai, les commentateurs sportifs n’ont pas été à bonne école avec Roger Couderc et Thierry Roland, dont le chauvinisme franchouillard était autant une marque de fabrique que leur gagne-pain.

Relater une rencontre sportive n’est certes pas, à ce que je sache, enseigné à l’université. Ceux qui commentent devraient au moins se poser des questions sur ce qu’ils disent ou sur les termes qu’ils emploient. Et finalement employer la langue de Molière au lieu d’un malheureux esperanto. C’est au tennis que se profèrent les plus affreuses énormités. Quand j’entends: “Avec ce passing slicé, Federer vient de débreaker Nadal dans ce tie-break”, je sursaute sur mon canapé. Ne serait-il pas plus propre de dire: “Federer vient de reprendre un point de service à Nadal dans ce jeu décisif” ?

Ah, si, comme dans le dictionnaire, commenter revenait simplement à interpréter un événement, le juger de manière critique…

En voyant ce matin Jean-Michel Aulas réagir à la télé après la victoire de l’OL contre Debrecen, je me disais que c’était comme un air de déjà-vu. Autrement dit, il me semblait bien que le président lyonnais réalisait un numéro comme je le voyais en faire depuis un certain temps. Tiens, depuis quand au fait?

Vite, une petite plongée dans mes archives… Voilà, j’ai trouvé… Aulas est en place, à la présidence du club rhodanien depuis… juin 1987 ! Pas mal de fans actuels de l’OL n’étaient pas nés à cette époque.

Ce matin, donc, le boss des gones s’en prenait à la presse, qui selon lui fait la fine bouche devant les performances de son équipe et les méthodes employées par son dirigeant principal (recrutement, gestion de l’entraîneur, incompétence…). Re-plongée dans mes archives… Novembre 1987: “Si certains médias, prévenait-il, devaient continuer à réagir de façon aussi négative à nos initiatives, au point de me porter préjudice, il est clair que je réviserais ma position à l’égard de l’Olympique Lyonnais.” Propos tenus il y a 22 ans !

A l’évidence, on ne peut pas reprocher à cet homme de manquer de suite dans les idées ni de faire de la réussite son credo. En 1990, Aulas claironne: “En vertu d’un plan de quatre ans, notre ambition est de figurer parmi les quatre meilleures équipes du pays au terme de la saison 1991-1992.” Pari gagné.

Je vous l’avoue, Jean-Michel Aulas m’énerve depuis tout ce temps. Pas beaucoup, mais un peu, surtout par le côté psycho-rigide qu’il affecte à chaque objection qu’on lui jette à la figure. D’un autre côté, je m’incline sous le poids de la formidable longévité du dirigeant et des victoires glanées par Lyon depuis des lustres. Attention tout de même, M. Aulas: Plaisirs de longue durée ne sont plus plaisirs.”

Panne d’inspiration. Ou flemme. Ou pessimisme du jour.  Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment envie de commenter l’actu. Faut dire que dans le sport tout est bien noir, ou très foncé, comme le ciel à Paris.

L’OM est éliminé par le Real Madrid, nos skieurs (Grange, Fanara, Dalcin) se pètent les os les uns après les autres à quelques semaines des JO, Joakim Noah multiplie les conneries aux States, nos handballeuses rament, Tiger Woods accroît son nombre de maîtresses et perd ses sponsors, et last but not least, ça n’a rien à voir, Johnny est hospitalisé à L.A. Je suis à plat.

Seule bonne nouvelle du jour, l’équipe de France de curling est actuellement troisième du championnat d’Europe et ira aux JO de Vancouver !

D’accord, Dédé a rangé définitivement ses raquettes il y a trois ans. Mais je lui décerne quand même le titre honorifique de sportif de l’année.

Parce que, dans le genre match au sommet, Andre Agassi joue à son meilleur niveau dans son autobiographie parue en novembre (pour la version française, patientez jusqu’au 10 décembre). Entre autres révélations amusantes – ou pathétiques -, il avoue que le tennis le dégoutait, qu’il s’est coiffé d’une moumoute en finale de Roland-Garros pour masquer sa calvitie naissante, qu’il s’est drogué en période de dépression et enfin qu’il ne portait pas vraiment Pete Sampras dans son coeur. Le mari de Steffi Graf a par conséquent au moins le mérite, certes tardif, de ne pas s’être fait inviter au bal des faux-culs.

Sur la deuxième marche du podium, je place Flavio Briatore. Pour l’ensemble de son oeuvre, autant que pour sa magouille qui a entraîné sa radiation perpétuelle de la F1 au GP de Singapour. Comme Agassi, l’homme est finalement franc du collier. Rien que sa prédilection en son temps pour Naomi Campbell lui vaut de ma part des félicitations appuyées.

Enfin, je place Tiger Woods en troisième position. Quatorze titres du Grand Chelem (en cours) et premier sportif de l’histoire à dépasser le milliard de dollars de gains. Un génie absolu du sport. Qui, on l’apprend depuis quelques jours, donne beaucoup de travail aux établissements hospitaliers de son quartier et possède en outre un don d’ubiquité assez phénoménal. Le Tigre aurait en effet un sens aigu de sa destinée sportive, allant par exemple jusqu’à aller aux putts plus beaucoup plus souvent qu’on ne l’aurait imaginé!

Et si on en profitait, lors de l’actuel sommet de la terre, pour s’attaquer aux facteurs polluants dans le sport ?

Mon rêve.

Commencer par diminuer de plusieurs degrés la température du débat sur l’arbitrage en instituant la vidéo lors des matches à enjeu me paraîtrait une décision fondatrice.

Il faudrait ensuite faire décroître durablement la production de CO2 de certains organismes, préjudiciables au climat. En limitant par exemple les apparitions dans l’atmosphère du raymonddomenech ou du louisnicollin.

Pour une planète plus bleue, je préconise également de faire passer, et d’en tirer immédiatement les conséquences, quelques tests basiques d’intelligence aux dirigeants de certaines fédérations internationales (au sujet, entre autres, des combinaisons en natation, ou de la politique anti-dopage en cyclisme). Sans ces édiles, la production de gaz à effet de serre sportif aurait beaucoup à gagner !

Enfin, j’exhorte Tiger Woods à une consommation plus raisonnée de mannequins, serveuses de bar ou hôtesses. Cet homme-là doit se limiter à arpenter victorieusement les parcours verts du monde entier. Pas à déglinguer bêtement son bilan carbone !

Je ne dis pas que j’en étais certain, mais le fait de voir le club francilien en haut de l’affiche avec aujourd’hui sa place sur le podium du Top 14 ne me surprend pas vraiment.

La réémergence de ce qui fut jadis le Racing Club de France est en effet programmée depuis que Jacky Lorenzetti a décidé de prendre ses destinées en main. Le Racing était une première fois ressorti de ses limbes dans les années 1980 et 1990 pour y tomber à nouveau dix ans plus tard.

Fortune faite, et bien faite, en revendant en 2006 Foncia, qu’il avait façonné en joyau européen de l’immobilier, pour 800 millions d’euros, Lorenzetti avait donc avec son portefeuille bien garni largement de quoi s’offrir une équipe à la gloire presque oubliée. Et  que l’on avait remisée dans un stade de Colombes lui aussi hanté par ses vieux fantômes.

J’ai suivi les Ciel et Blanc ces deux dernières années en Pro D2. Avec le net sentiment que ce M. Lorenzetti avait la ferme intention de remettre les deux couleurs à la mode. A la mode du temps bien sûr, à coups d’euros et donc de recrutement en béton (Bobo, Lombard, Wisniewski, Auradou, puis Nallet, Chabal, Steyn…), mais aussi avec ses méthodes. Lorenzetti n’est pas du genre batteleur. Mais après une évidente réflexion, il parle juste et avec une fermeté polie. Ses décisions sont jusque-là frappées du coin du bon sens.

Il veut même tailler des croupières à Max Guazzini, sans jamais le citer naturellement. En faisant sortir prochainement de terre, du côté de la Défense, un stade dédié au rugby et au Racing. Avant le nouveau Jean-Bouin de Max ?

Ce samedi, quel régal d’ovalie mes amis. Trois matches parfaitement couverts par le génie de ma télécommande, et trois beaux moments.

Bourgoin a d’abord provoqué mon admiration en faisant tomber le leader castrais. Ces Berjalliens, quel coeur ! Plus un kopeck dans les caisses, des matches perdus en série cette saison, mais de l’esprit de révolte à revendre.

En zappant sur France 2, je n’ai pratiquement rien perdu du match “amical” à Twickenham entre les Barbarians et les All Blacks. Du beau spectacle. Même sans Dan Carter, mis au repos. Et les Blacks, meilleure équipe du mini-championnat du monde de novembre, ont mis un genou à terre. Ils ont surtout vu le dos de Bryan Habana, auteur de trois essais de guépard. Dire qu’il a failli jouer à Bayonne après la dernière Coupe du monde…

Un Aviron qui a pris l’eau au Stade de France en fin d’après-midi. Face à un Stade Français enfin revenu dans les grâces de Saint-Denis après cinq échecs ou semi-échecs dans l’écrin dyonisien. Rien que pour l’essai de Benjamin Kayser, petit bijou d’orfèvrerie rugbystique, je ne regrette pas d’avoir ainsi usé les ressorts de mon canapé pendant cet après-midi…

Là, je m’énerve. Parce que, Monsieur Michel Platini – je dis bien Monsieur – vous vous entêtez dans l’erreur. Vous persistez dans votre rejet de la vidéo dans le football. Et vous avez tort.

Vous dites: «Je ne vois pas d’autre solution que deux arbitres supplémentaires. Le football doit rester humain. Si on prend la vidéo pour les qualifications d’un Euro, ça veut dire pour un Féroé-Estonie, devant 1.000 personnes, qu’il faudra 25 caméras, soit 200.000 euros! Et puis on va voir que sur une faute, il y avait faute avant, et encore avant: ce serait la fin du football

J’affirme que c’est n’importe quoi. La vidéo marche au rugby sans que personne, je dis bien personne ne le conteste. J’en atteste, je n’ai jamais rencontré dans ce milieu un seul opposant à ce système qui fonctionne sans pratiquement aucune anicroche depuis plusieurs années aussi bien en Top 14 que pour les matches internationaux. La “fin du rugby” n’a, a fortiori, pas été signifiée que je sache depuis l’introduction de la vidéo, qui, entre parenthèses, n’a pas coûté le moindre centime. Les caméras étaient déjà présentes sur les stades.

Pour ce qui est de la prétendue injustice qui pourrait exister entre le traitement du sport d’élite et du sport de base, je me gausse ! Je pense que les Féroé ou l’équipe de Trifouilly ne vont pas manifester de la République à la Nation pour revendiquer un arbitrage vidéo ! L’injustice est partout, M. Platini. Que n’ai-je vu des footballeurs aller reprocher à leurs parents de ne pas avoir enfanté un génie du ballon comme vous ? Ce n’est pas de l’injustice ça ?

Et puis argumenter que l’on devrait alors avoir recours à l’électronique pour les fautes partout sur le terrain, c’est implicitement reconnaître que la vidéo est efficace. D’ailleurs, les pro-vidéo ne demandent même pas cette exhaustivité, ce serait stupide. Car je vous accorde que l’arbitre est irremplaçable dans la plupart des cas. Il est dans l’action, il vit le match en trois dimensions ce qui n’est pas le cas des télespectateurs, et enfin il entend pratiquement tout et peut en connaissance de cause faire régner la loi.

Mais l’arbitre ne voit pas tout, notamment dans une surface de réparation, où l’essentiel se passe, c’est à dire au moment des actions de but. En rugby, par exemple, et seulement après un essai litigieux, l’homme en noir contacte instantanément la cellule vidéo et, en dix ou vingt secondes, se fait communiquer un avis tranché par ceux qui ont quasiment dans l’instant suivant vu et revu l’action en question. Est-ce ça dénaturer le sport, le rendre inhumain ? C’est au contraire simple comme bonjour et utile comme la justice.

Quant aux deux arbitres supplémentaires dans les surfaces, ça n’est pas en soi insensé. Mais, comme vous dites, c’est d’abord cher et ensuite sans garantie. Si le ballon rentre de trois millimètres dans le but en finale de la Coupe du monde, vous pourrez mettre un arbitre ou dix ou cent dans l’axe du but, ils ne pourront pas se décider, la caméra si !

Michel Platini, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. D’ailleurs, vous l’avez déjà fait (voir cette vidéo où le sélectionneur Platini militait pour l’arbitrage vidéo !)

Là, je remonte carrément à ma première fois à Roland. Je suis un môme de onze ans et j’ai déjà le virus du sport. J’ai la chance d’habiter à deux stations de métro de la Porte d’Auteuil. Les parents d’un copain d’école m’offrent une place pour la finale de 1974.

C’est drôle, mais j’ai un souvenir en… noir et blanc de mon arrivée, ce dimanche, tout en haut des tribunes. Je revois, de très haut, la silhouette de Manuel Orantes, dont je faisais mon favori contre le tout jeune Björn Borg. Même de si loin, on distinguait la petite serviette attachée à son short. Comme je jouais tous les dimanches après-midi dans l’équipe de foot du club qui jouxtait à l’époque Roland-Garros, j’ai dû quitter à regret ma place au bout de deux sets gagnés par Orantes pour rejoindre mes petits copains. Je m’étais dit pour me consoler que je ne perdais pas grand chose, un set au maximum, tant Borg était dominé. Le soir, aux nouvelles à la télé, Borg avait soulevé le trophée !

Deux ans plus tard. Cette fois, avec un ou deux potes, on est bien organisés. On prépare bien nos coups. Les mercredis, on se lève tôt et on se fait préparer les sandwiches par nos mères. On arrive à neuf heures devant les portes du stade, sac de scout à l’épaule et casquette sur la tête en prévision d’une longue journée au soleil. Et on attend l’ouverture. A cette époque, pas de réservation six mois à l’avance. Les billets, valables partout dans l’enceinte, se vendent tous au guichet. Je crois qu’il y avait d’ailleurs une seule entrée. On arrache, contre cinq francs, nos sésames de la main du guichetier et on se rue dans les allées pour accéder au Central, seul et unique but de notre journée. C’est là ou ça se passe. A l’époque, pas de central-bis ni de Suzanne-Lenglen. Comme on est les plus rapides, on se poste tout en bas de la grande tribune, au niveau du filet, exactement en face de la chaise d’arbitre. Pas possible d’être mieux placés. C’est le deuxième mercredi du tournoi, et on attend pendant des heures le quart de finale Borg-Jauffret. LE match. Je me rappelle de la formidable impression produite par le Suédois, mon idole, qui était alors le double tenant du titre et dont je copiais intégralement la tenue, bandeau et bracelet en éponge. La puissance de ses coups, en coup droit et en revers à deux mains, associée à un lift infernal m’avaient, autant que François Jauffret, laissé sans voix. Le courageux Français avait eu l’immense mérite de recoller à deux sets partout et de pousser le jeune phénomène au bout d’un cinquième set. Par une chaleur de dingue, quelle ambiance sur ce Central bourré à craquer ! Je n’avais évidemment jamais connu ça. Ni probablement les observateurs plus avertis. Le journal L’Equipe avait titré le lendemain: “C’était Jauffret-Guichard”.

A suivre…

Bravo Amélie Mauresmo. A l’heure où vous vous retirez du tennis, un palmarès et une carrière comme les vôtres vous valent incontestablement la reconnaissance éternelle de la patrie.

Mais comme, j’en suis sûr, un grand nombre de mes compatriotes, je crois que j’ai trop souvent pesté contre vos échecs répétés à Roland-Garros pour vous admirer plus encore. Combien de fois me suis-je prostré devant mon poste tous les mois de mai depuis les années 1990 en vous voyant sortie si piteusement d’un tournoi dont vous étiez favorite?

Dès que le printemps parisien pointait, votre raquette semblait peser des tonnes et vos adversaires paraissaient soudain gagner cinquante places au classement ! J’ai souvent rêvé de vous voir au moins en finale, et gagner, comme Yannick, avec qui vous n’avez pas voulu ou pu faire fructifier votre trop courte collaboration. Vous auriez définitivement conquis tous les coeurs, le vôtre n’ayant probablement pas connu tous les contentements que vous souhaitiez.

Ce n’est pas un reproche, c’est une question que tout le monde se pose. Possédiez-vous, tout au fond de vous-même, l’instinct de la tueuse, dont toutes vos concurrentes sans exception étaient dotées ? Si vous ne l’aviez pas, personne ne vous en voudra. Amélie, comme vous le proposait le philosophe: “Voulez-vous être heureuse ?, alors donnez du bonheur”. Vous en avez suffisamment donné.

Après avoir fait le tour de mes avis personnels, c’est le résultat officiel que je partage. Je viens de proclamer Thierry Henry sportif français de l’année.

Incontestablement, le capitaine des Bleus a donné son maximum en 2009. Il a fait des pieds et des mains pour l’équipe de France.

Deux autres figures du sport tricolore auraient également mérité de la patrie, Richard Gasquet et Mathieu Bastareaud. Je les classe respectivement deuxième et troisième.

Gasquet a parfaitement fait le joint entre l’ancienne et la nouvelle génération du tennis français. Il a su rester en contrôle total.

Quant à Bastareaud, ses sorties ont été exemplaires, surtout en Nouvelle-Zélande. Ses nuits sont quand même plus belles que ses jours…

Ça fait un peu vieux con, ou cela ressemble à un accès de sénilité avec brusque retour aux années de jeunesse, mais l’autre jour je me suis remémoré en quelques secondes beaucoup de mes souvenirs de Roland. Comme ça, d’un seul coup, avant de m’endormir. En voici quelques-uns, les plus marquants.

Le premier, relativement récent, me rappelait – ah oui, je sais pourquoi, à cause d’Agassi qui a avoué dans son bouquin avoir joué avec une perruque – un quart de finale en 2001 où justement Agassi s’était fait battre de façon stupéfiante par Sébastien Grosjean. J’étais en tribune de presse. Agassi baladait le Français, un set et un break d’avance, quand Bill Clinton (alors tout jeune retraité) fit son entrée dans la tribune présidentielle au changement de côté. Rumeur immédiate parcourant tout le stade. Accompagnée d’applaudissements spontanés, manifestation généralement réservée au seul Belmondo depuis quarante ans. Clinton se relève, répond d’un geste de la main et se rassied. Je me souviens de Patrick d’Arvor, installé à quelques mètres, tentant de l’approcher pour probablement essayer de l’inviter à son JT. La partie reprend. Agassi, à partir de cet instant, ne fera plus que trois petits jeux pour encaisser trois fois 6-1 ! Tiens, je vais lire le bouquin du Kid de Las vegas, il en parle peut-être.

Deuxième retour en arrière avec ce bon Henri Leconte. 1993. On avait passé une semaine de vacances ensemble en avril dans des îles lointaines. Un bon moment entre parenthèses, déconnades, champagne… bref du Leconte dans le texte. Il m’avait invité à voir ses matches dans sa loge sur le Central où il sortait d’une demi-finale l’année précédente, contre Petr Korda. Enfin, ses matches, il n’y en a eu qu’un seul. Après ce premier tour ultra rapide (en sa défaveur, 7-6, 6-0, 6-0), où on se faisait des clins d’oeil en essayant de ne pas trop nous faire repérer par les caméras, j’ai rejoint Riton dans le vestiaire. Pas trop déçu. “Putain, ce Bruguera, il m’a mis une de ces branlées. Tu ne peux pas savoir, sa balle c’est du plomb. Du Borg puissance 10 !). Sacré Henri !  Toujours du Riton dans le texte. Quelques jours après je l’avais suivi sur le Central bis pour une demi-finale du double qu’il jouait au côté de Goran Ivanisevic contre un duo de frères américains dont le nom m’échappe. Quel spectacle sur un court archi-bondé malgré la tombée de la nuit ! L’un des deux jumeaux américains était ambidextre ! Il servait sa première balle de la main droite, et la seconde de la gauche, et vice versa. Foule en délire acclamant Riton qui lui aussi y allait de ses multiples facéties. Mais au bout du compte, déception après cette fois un match super-serré malheureusement pas retransmis par la télé.

A suivre…

J’apprends que la sublime Charlize Theron va participer vendredi au tirage de la Coupe du monde. Bravo la FIFA et merci. Je resterai pendu devant mon écran jusqu’à la dernière boule. Même si Charlize est habillée en cosmonaute ou en plongeuse sous-marine. Rien d’autre à déclarer.

Coriaces, ces Verts. Après avoir demandé à rejouer le France-Irlande, ils ont demandé à voir ce lundi, en délégation, le président de la FIFA, Joseph Blatter. Toujours cordial, ce bon Sepp les a reçus. Très aimablement on s’en doute. Il est Suisse et de bonne composition. Mais, tel qu’on le connaît, il a quand même dû se retenir de s’étouffer de rire en s’entendant proposer par ces mêmes Irlandais qu’on joue la prochaine Coupe du monde à trente-trois (au lieu de trente-deux) pays.

C’est vrai, la main de Thierry Henry, tout le monde l’a vue, a rétorqué le boss du foot mondial. De là à inviter l’Irlande en guest star… Pourquoi pas, a-t-il répliqué, inviter le Costa Rica qui s’est fait lui aussi blouser par l’Uruguayà cause d’un but hors jeu.

En poussant le bouchon un peu plus loin, on ne voit pas ce qui empêcherait de faire venir en Afrique du Sud le Luxembourg ou le Liechstentein. On imagine qu’ils trouveraient sans peine à la vidéo de quoi leur donner raison (un penalty non sifflé ou, que sais-je encore, un adversaire qui n’avait pas rentré son maillot dans son short).

Ah, Blatter a aussi confié qu’il avait discuté au téléphone avec Thierry Henry qui s’inquiétait de savoir s’il serait puni de son péché véniel… heu ! manuel. “Puni de quoi ?” s’est exclamé Sepp. Ces Helvètes, ils ont quand même du coffre, à défaut de lunettes !

Ok. Un peu dur et facile mon titre à propos de l’accident jusque-là mystérieux de Tiger Woods.

Mais depuis deux jours je me demandais ce qui était arrivé exactement au meilleur joueur de golf de tous les temps, retrouvé l’autre jour à moitié inconscient dans sa bagnole juste à côté de chez lui et transporté à l’hôpital le visage couvert de griffures.

D’après le “Tigre” lui-même, qui vient de réagir pour la première fois sur son site internet, c’est bel et bien une histoire toute bête, de couple très certainement (“a private matter”), qui a provoqué son départ subit de chez lui en pleine nuit. Et par-là son accident, causé sans doute par l’énervement, à la sortie de son domicile.

Donc, première conclusion, rassurante pour ses adversaires, Woods, l’homme aux quatorze Grands Chelems, est humain. Autre leçon, Tiger ne sera pas le prochain co-pilote de Sébastien Loeb en championnat du monde des rallyes (c’est la deuxième fois qu’il plie sa voiture) et n’a même pas intérêt désormais à prendre de petite voiture électrique pour aller d’un trou à l’autre…

Du français tout craché. Après leur belle victoire sur les Boks, on croyait nos Bleus capables de vaincre encore les All Blacks. Et de brandir en quelque sorte le trophée virtuel de meilleure équipe du monde du moment. On en était même presque sûrs tant notre mêlée avait concassé les Sud-Africains et tant notre jeu avait brillé face aux Samoa.

Patatras. Un peu comme à l’habitude, l’équipe de France n’a pas su capitaliser sa fortune de l’automne. Mais bon, ils ont une excuse tout à fait valable nos Tricolores. L’adversaire All Black était, lui, vraiment, le plus fort de la planète.

De bout en bout, la Nouvelle-Zélande a produit un récital sans la moindre fausse note. Avec un Dan Carter en chef d’orchestre impeccable conduisant une troupe de fabuleux violons (Maa’Nonu, Sivivatu, Jane, Muliaina, McCaw…) et de percussions (Kaino, McCaw, Tialata), le tout produisant une symphonie fantastique.  En face, les Bleus ne disposaient tout au plus que de flûtes ou de xylophones. Bilan 39 à 12, cinq essais à zéro. Mozart contre Clayderman !

Hum. De quoi faire réfléchir à un an et demi de la Coupe du monde et du match d’ouverture contre les… Blacks.

Il bat Roger Federer – enfin – après douze défaites contre le Suisse en autant de matches et va en finale du Masters. C’est tellement beau pour le Russe, tellement fort, qu’il ne lève même pas les bras à l’issue de la balle de match.

Il faut dire qu’il revient de loin Nikolaï Davydenko. Parce qu’en terme de pari, il sait de quoi il parle. En 2007, à Sopot (en Pologne), sa réputation en avait pris un sacré coup. Il avait abandonné en arguant une blessure au pied contre l’obscur Argentin Arguello (87e mondial. Davydenko 4e) après avoir gagné la première manche. Juste après qu’une somme de cinq millions d’euros (dix fois plus que les montants habituellement engagés sur un tel match sur internet) a été misée sur le web quelques minutes auparavant… en faveur d’Arguello ! De quoi éveiller les soupçons… et notamment de la société de paris en ligne (Betfair, en français “parier régulièrement !) qui avait pour la seule fois de son existence refusé de régler ceux qui avaient misé sur le vainqueur de ce match.

Davydenko, après de nombreux rebondissements et des tonnes de commentaires* le plus souvent défavorables dans la presse et par ses collègues sur sa personne (il a souvent sinon balancé des matches, du moins mis le minimum de volonté à les jouer à fond), a été blanchi par l’ATP en 2008.

Aujourd’hui, face au numéro un mondial, il a au moins montré qu’il voulait se battre sur un court avec la dernière énergie . On parie qu’il n’abandonnera pas en finale ?

*McEnroe avait évoqué la possibilité (dans une interview au Daily Telegraph) de la présence menaçante de la mafia russe dans ces histoires de paris truqués.

Ah ça, on ne l’avait jamais vu aussi remonté notre Aimé Jacquet national. Contre qui, je vous le donne en mille: Raymond Domenech !

Le sélectionneur en prend pour son grade dans un entretien accordé à France Foot de ce vendredi. En substance “quatre ans ça suffit” ou “il faut parler du jeu, en l’occurrence du non jeu”, et encore “un patron doit donner des explications en interne”… etc

Mais quelle mouche a piqué l’entraîneur des champions du monde 1998 ? Lui qui met tant de soin à tourner et retourner sa langue dans sa bouche avant de l’ouvrir. Lui qui a subi, à peu de chose près, le même sort que Domenech de la part de la presse et de l’opinion avant le Mondial victorieux.

Je crois que du haut de son âge respectable (68 ans aujourd’hui, rapport de cause à effet ?) et revêtu de sa stature d’icône absolue du sport français, Aimé se sent désormais investi d’un rôle de Sage de l’Antiquité (il y en avait sept paraît-il). Raymond doit l’agacer depuis longtemps. Mais bon, tous les deux faisaient partie du sérail et Aimé devait se dire que le temps pourrait le faire changer. Et puis, il y a dû y avoir en fin de parcours la goutte d’eau, très sûrement le match désastreux contre l’Irlande qu’AJ n’a pas digéré.

Dans ce cri du coeur de Jacquet ressortent clairement tous les reproches qu’il comprimait jusqu’à présent dans son fort intérieur. En langage freudien, cela doit avoir un sens (aidez-moi). Mais sans tomber dans la psychologie (psychiatrie) de bazar, c’est l’accumulation des comportements de son successeur qui a au bout du compte entraîné l’explosion, entêtement tactique, communication si opposée à la sienne, psycho-rigidité, manigances au sein de la Fédé…

Et si Aimé revenait…

Bravo l’ATP !

Alors là, de mémoire d’observateur du tennis, on n’avait jamais vu ça !

Ce bon Roger Federer a de quoi se triturer les méninges avant le dernier match (ce soir) de sa poule et après l’avant-dernier disputé cet après-midi, remporté par Murray sur Verdasco. S’il bat Del Potro en deux sets, il se qualifie et élimine l’Argentin. Le plus drôle, c’est qu’il se qualifie aussi s’il perd, encore en deux manches. Dans ce cas, ce sera Del Potro l’autre qualifié.

Mais le plus inouï, c’est que le Suisse sera éliminé s’il perd en trois sets, Murray et Del Potro le devanceraient alors au set average.

Va comprendre Charles !

Alors, que vas-tu décider Roger ? Tu gagnes ou tu perds, en deux sets ou en trois ? Tu veux ou tu veux pas ?…

Y sont pas un peu concons les cerveaux de l’ATP ?

 

PS: je vous raconte la suite après le match.

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